Définition et informations générales

La descente d’organes, encore appelée prolapsus génito-urinaire, est un problème de santé publique, typiquement féminin, et qui demeure un sujet relativement tabou dans notre société. Ce trouble est souvent vécu comme une fatalité par les femmes, mais des solutions efficaces existent pour y remédier et les consultations liées à ce trouble ont augmenté de 45 % en une décennie.
Le prolapsus génito-urinaire est une descente des organes pelviens entraînant une protrusion intravaginale ou extériorisée.
Normalement, l’utérus, la vessie et le rectum sont logés dans le petit bassin et sont soutenus par les ligaments et des muscles constituant le plancher périnéal (figure 1). Tout événement susceptible de relâcher le périnée peut favoriser ce trouble.
Le prolapsus peut ainsi contenir la vessie (cystocèle), l’utérus (hystéroptose) ou le rectum (rectocèle).
Le développement du prolapsus est multifactoriel. L’accouchement vaginal, la multiparité, l’âge avancé (ménopause) et l’indice de masse corporelle (IMC) élevé sont les facteurs de risque confirmés. D’autres facteurs de risque sont considérés comme potentiels : l’accouchement difficile (forceps, poids de naissance > 4000 g), la constipation chronique, les troubles respiratoires chroniques, les exercices physiques intensifs,  etc.
Le prolapsus des organes pelviens concerne plus de 20 % de la population féminine.
41% des femmes âgées de 50 à 79 ans présentent un prolapsus des organes pelviens.

Symptômes

Le prolapsus génito-urinaire peut entraîner :

  • Des symptômes pelviens : sensation de boule vaginale ou une tuméfaction vulvaire visible ou palpable, pesanteur, lourdeur

  • Des symptômes urinaires : incontinence urinaire (fuites involontaires), impériosités, dysurie ou obstruction (effet pelote)

  • Des troubles intestinaux ou sexuels

  • Frottement, saignement, pertes vaginales

  • Infections urinaires récidivantes (par résidu post-mictionnel lié à l’obstruction)

Ces troubles sont responsables d’une altération de la qualité de vie des femmes et constituent un motif fréquent de consultation.

Explorations

L’examen clinique est systématique et doit identifier le compartiment prolabé ou démasquer une incontinence urinaire d’effort (IUE) associée après refoulement du prolapsus (levée de l’obstacle).
Les explorations complémentaires généralement proposées en cas de prolapsus génital symptomatique sont :

  • Bilan urodynamique (optionnel)
  • Frottis cervical, biopsie de l’endomètre, échographie pelvienne
  • IRM pelvienne dynamique en cas de prolapsus complexes ou récidivés.

Traitement

La prise en charge dépend de la sévérité du prolapsus et des symptômes associés ou induits. Elle est proposée en cas de gêne fonctionnelle significative formulée par la patiente entraînant une altération de la qualité de vie ou en cas de complication (infections urinaires à répétition, rétention urinaire, frottement, saignement, etc.).

Les stratégies thérapeutiques varient de la simple observation à la mise en place d’un dispositif de contention vaginale ou pessaire, voire à la chirurgie réparatrice.

La rééducation périnéale est proposée en cas de troubles urinaires associés.

Les techniques chirurgicales (figure 2) peuvent être pratiquées selon un abord abdominal (promontofixation par voie coelioscopique) ou vaginal (avec ou sans renfort prothétique).
Votre chirurgien vous proposera la technique la plus appropriée en fonction de vos antécédents, des résultats de l’exploration urodynamique et des données cliniques et de l’imagerie.

Une cure chirurgicale d’incontinence urinaire par bandelette sous-urétrale de type “TVT” peut être proposée en cas de fuites urinaires démasquées après refoulement du prolapsus au moment de l’examen clinique ou urodynamique.

L’hystérectomie (ablation de l’utérus) n’est pas systématique.

Les techniques de cloisonnement vaginal définitif (colpocléisis) et les dispositifs de contention vaginale (pessaires) sont généralement réservés aux patientes très âgées sans activité sexuelle avec une altération sévère de l’état général.

Enfin, certaines mesures (changement du mode de vie, perte de poids, traitement de la constipation chronique, réduction du port de charges lourdes, rééducation périnéale, arrêt de certaines activités sportives) peuvent être recommandées.

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